Mercredi 7 janvier 2009, à 20H30
Bruno CLAVIER
Présenté par Didier Dumas
Les fantômes de Van Gogh, Rimbaud et Freud

La clinique des fantômes familiaux montre que des structures psychiques pathogènes, héritées des ancêtres, hantent les descendants et handicapent leur capacité à vivre pleinement leur existence. Dans sa correspondance, Vincent Van Gogh écrit : « Je suis voué au malheur et à l’insuccès ». Ce « suicidé de la société », comme l’appelait Artaud, nous interpelle grandement sur ce thème. La vie et la mort d’un autre « suicidé de la société », Arthur Rimbaud, nous questionnent également en ce sens, nous incitant à comprendre ce qui peut bien présider à la tragédie de tels destins.

Si chez l’artiste, le génie est relié au ciel et à la création, il est aussi intiment relié, comme l’est sûrement le psychotique, aux souffrances de ses ancêtres. Freud qui est né, à quelques années près, en même temps que Van Gogh et Rimbaud, n’a pas eu le même destin qu’eux. Il semble néanmoins intéressant de croiser son histoire avec la leur. Le propos est alors de voir en quoi ces trois existences se sont inscrites, comme les nôtres, dans des généalogies particulières qui ont contribué, pour le peintre et le poète, à l’issue fatale de leur existence et, pour le fondateur de la psychanalyse, à occulter ce qui était pourtant le prolongement logique de ses découvertes : les fantômes transgénérationnels.